Au fond du parking parking

Je venais de m’asseoir dans mon char, il devait être 21h. La caissière qui m’avait couru après pour me redonner ma carte de crédit que j’avais, encore une fois, oubliée dans la machine à cause de ces foutues nouvelles puces retournait à sa caisse tranquillement.

Dans le fond du parking, un papa. Un sac d’épicerie à la main et sa fille d’un an et demi environ à l’autre, ils marchaient tranquillement. On s’était croisé à deux reprises à l’intérieur du IGA. Le papa trimbalait sa fille dans un panier d’épicerie en forme de camion de pompiers. Lui, il avait la mine un peu basse, un t-shirt pas trop joyeux et des shorts un peu sales. Elle était insouciante, comme tous les enfants le sont à cet âge. Il avait sa journée dans le corps, ça paraissait, mais il accomplissait son devoir de père et il donnait l’impression de tenir le fort à bout de bras.

Il y avait du Pierre Lapointe à la radio. Je les voyais se faufiler et essayer tant bien que mal d’enjamber l’herbe haute pour piqué dans le champ. C’était probablement plus court par là.

Je les voyais, mais je restais immobile. Le motton dans la gorge. J’aurais eu envie de lui dire : « Hey, tu veux-tu un lift ? » ou « Hey, tu veux-tu mon épicerie ». Mais j’étais bien trop gêné de le faire. Alors, je ne l’ai pas fait, je n’ai rien dit. Je suis retourné à la maison ou ma copine m’attendais dans le salon devant la télé et la Coupe Rogers présentée par Banque Nationale et mes petites dans leur lit, endormies, paisiblement, chacune dans leur chambre au deuxième. En ouvrant la porte, ma copine me lance « Pis, t’as choisi quel chocolat finalement ? »

On a pas tous la même chance hein!

Lâche pas mec!

 

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