Il y a deux semaines, avec ma copine, nous avons finalement statué sur nos choix de marraine et de parrain pour notre petite Ève. Durant le processus de sélection – qui s’est étalé en fait sur plusieurs mois – on s’est rendu compte que ces rôles sont perçus d’une manière très différente d’une génération à l’autre et d’une famille à l’autre également.

Par exemple, dans la famille de Julie, les parrains-marraines étaient d’office un oncle et une tante formant un couple. C’est sûr que quand la famille immédiate compte 13 ou 14 enfants, être nommé parrain ou marraine nous distingue des autres et nous donne un statut un peu plus particulier. Ces jours-ci, les tablées sont moins imposantes, la différenciation n’a plus vraiment lieu d’être à mon avis, car chacun des oncles et chacune des tantes occupera de toute façon une place de choix dans la vie du nouveau-né. Dans la mienne, les choix étaient plus disparates, moins dirigés, c’était des coups de coeur j’ai l’impression.

Cela étant dit – et discuté très longuement au conseil (conseil = ma copine) – pour Julie, le choix du parrain était pour elle fait depuis longtemps, c’était Yan, son grand frère. Il ne restait que moi à convaincre, la tâche fut assez simple et plutôt de courte durée. Yan aodre tellement notre petite que ça allait en effet de soi. Mais comme Julie venait de choisir le parrain, c’était à moi de choisir la marraine.

Mon point de vue du rôle d’une marraine

Il y a d’abord la dimension religieuse de la tâche, mais avec Julie, nous avons décidé de ne pas faire baptiser notre petite. C’est un choix personnel, il y avait des pour, il y avait des contres… les contres ont gagnés cette fois-ci, contrairement à la dernière fois où nous nous étions posé la question pour notre mariage qui fut, en bout de ligne, célébré à l’Église par un prêtre génial.

Il y a ensuite la dimension humaine, celle qui pour moi est bien entendu la plus importante. J’ai beaucoup repensé à ma marraine à moi. Au rôle qu’elle avait joué dans ma vie. Ce que j’ai beaucoup aimé c’est cette complémentarité entre elle et mes parents. Elle aimait des choses complètement différentes de mes parents, elle avait un tout autre style de vie. En France, au ministère de la santé à Paris, on ne fait pas tout à fait la même chose que dans un conseil scolaire d’Ottawa (là où travaille ma mère) ou dans un hôpital psychiatrique (là où travaille mon père) de Gatineau.

Nanou – c’est comme ça que j’ai toujours appelé ma marraine – a une vie extrêmement bien remplie. Très impliquée dans la communauté universitaire, auteure de plusieurs livres, elle a voyagé comme peu de gens que je connais. Elle a vécu en Inde et surtout au Népal pendant quelques années : qui n’aime pas se faire raconter ce genre d’aventure?! Fascinée par les arts, la culture sous toutes ses formes. Pour un petit gars de l’Outaouais comme moi, c’était toute une fenêtre sur le monde qui s’ouvrait au fil des années. Mon seul regret est que cette marraine ait été de l’autre côté de l’Atlantique ce qui a un peu compliqué les choses, mais qui en même temps les a rendues si magiques lorsque nous pouvions passer du temps ensemble.

Pour ma petite fille, j’ai eu très envie de lui offrir le même cadeau que mes parents m’ont offert en me donnant la chance d’avoir une marraine comme Nanou. J’ai très envie qu’elle puisse compter sur sa marraine comme j’ai pu le faire avec la mienne. J’ai très envie qu’elle découvre des côtés de la vie que nous, comme parents, en raison de nos personnalités respectives, aurions eu du mal à lui faire découvrir. J’ai très envie qu’elle puisse aller passer du temps seule avec sa marraine quand elle aura envie, juste parce que c’est agréable de savoir qu’on compte beaucoup pour quelqu’un d’autre que ses parents.

Je les fais bien rireMon choix s’est donc arrêté sur – et ce n’est pas du tout arrangé avec le gars des vues – Julie Bernard (alias matante Toupie, la copine du frère de Julie). J’ai appris à connaître Julie depuis les deux dernières années. C’est une fille avec un humour pince sans rire (humour que je suis absolument incapable de pratiquer parce que je suis un trop bon public… même pour mes jokes à moi), qui incarne l’authenticité même. C’est une vraie fille, qui aime le maquillage, la mode, les mises en pli et les chaussures à la mode. C’est une fille qui ne laisse personne se mettre dans son chemin et pour qui il n’y a rien de trop beau. Je vois déjà ma petite aller magasiner et se faire faire les ongles avec Julie. Au travail ces temps-ci, nous faisons un tas d’événements, le prochain c’est les 3M (Martini, manucure et mémérage). Je verrais d’ailleurs très bien Julie et Ève ensemble à ce genre d’activité. Julie sera assurément une excellente confidente et une merveilleuse acolyte dans la vie de tous les jours.

Merci et Merci

J’ai envie de finir ce billet en remerciant du fond du coeur ma marraine qui a été si généreuse et pour qui – et je le sens encore à 27 ans – je compte tellement. J’ai également envie de dire merci à Julie d’avoir accepté ce rôle pour ma fille que j’aime plus que tout au monde.