Désarçonné

Il est 6h45, je viens de voir les Canadiens gagner la médaille de bronze au 4 de pointe, poids léger. J’étais dans le salon, avec mon café et ma copine allaitait la petite qui dormait au sein plus qu’elle ne mangeait. La description des commentateurs était tout simplement enivrante. Le quatre de pointe poids léger masculin a remporté la médaille de bronze

Durant les premiers 1000 mètres, ils sont demeurés calmes et posés, analysant la situation objectivement. Les Canadiens ont eu un excellent début de course. Aux mille mètres, ils se sont fait remonter. Le drame! Je n’ose plus regarder la télé. Je décide d’aller voir où en sont les filles dans la chambre. Ma copine me regarde et me dit : « Tu es en train de rater la fin de course. » La vérité, c’est que je suis beaucoup trop émotif quand il est question de sport. Je suis souvent incapable de soutenir la tension d’une performance sportive.

Soudainement, les commentateurs se sont mis de la partie. Ils se coupaient la parole, ils s’excitaient, ils n’arrêtaient pas de donner les positions qui changeaient constamment du à la remontée spectaculaire des Canadiens. Rassuré et intrigué, je retourne m’asseoir devant la télévision pour voir l’équipe canadienne donner ses derniers coups de rames. À quelques mètres de la fin, les commentateurs ne se peuvent plus… moi non plus. Les Canadiens remportent la médaille de bronze… j’essaie de la retenir, mais c’est inutile. C’est plus fort que moi, ça me coince en dedans, ça vient me chercher d’une manière si particulière que la seule chose que je trouve à faire, c’est de verser une larme ou deux. Peut-être que c’est parce qu’ils venaient de réaliser quelque chose que jamais je pourrai réaliser, peut-être que c’est parce que je me retrouve un peu dans chacun de ces athlètes qui donnent tout ce qu’ils ont, jour après jour, pour ce petit moment où le monde entier les verra accomplir leur exploit. Peut-être que c’est tout simplement parce que c’est beau.

Félicitation à ces rameurs.