Deux mois

Ève.. c’est papa!

Tu ne me reconnais pas vraiment encore, mais c’est moi qui habituellement te donne ton bain le soir avant d’aller au lit (c’est n’est qu’une façon de parler, parce que quand on a 2 mois, la nuit… le jour… on ne fait pas trop la différence encore). C’est aussi moi qui te donne les quelques biberons que tu descends à une vitesse qui ne te donne aucune chance d’éviter ce hoquet qui est désormais ta quasi marque de commerce.

Il y a quelques semaines, quand j’ai réalisé que tes yeux bleus étaient peut-être là pour rester, j’ai interrogé affectueusement maman du regard pour feindre qu’étant donné mes yeux bruns et ses yeux bruns, il y avait peut-être anguille sous roche.

Sauf qu’il y a deux jours, quand elle est revenue de ton rendez-vous chez le médecin et qu’elle m’a dit qu’il s’y était repris par deux fois pour prendre ta mesure parce qu’il n’y croyait pas (tu étais bien au-delà de la moyenne), j’ai été rassuré (je mesure 1m95)!

Maintenant, des fois, tu me souris quand je te touche le bout du nez ou le bout du menton. Ton menton, parlons-en de ton menton, ou plutôt de tes mentons. En deux mois, tu as tellement grandi et grossi que tu es passé d’un menton à trois ou quatre.

Tu le fais aller ces temps-ci… surtout depuis l’arrivée de la suce! Ahh.. la suce. La suce : c’est tout! La suce c’est de l’attention quand papa et maman essaient de manger à la même table, en même temps et que tu es laissée à toi même sur la table à quelques centimètres de nous. La suce c’est du réconfort quand tu es à moitié endormie et que tu fais des mauvais rêves. La suce c’est des anticorps quand on te la remet dans la bouche après qu’elle soit tombée à terre. La suce c’est aussi, à l’occasion, une sourdine quand j’ai mal calculé le temps nécessaire pour faire chauffer ton biberon et que tu as très faim ou encore elle peut être un jeu quand tu t’amuses à sortir ta langue et qu’elle tombe sans arrêt. S’il fallait qu’on perde cette suce…

Ève, tu as deux mois aujourd’hui. En fait, tu as eu deux mois à 14h54 cet après-midi. Je ne suis pas avec toi aujourd’hui parce que j’aide tes grands-parents à emménager dans leur future demeure. Tu verras, c’est vraiment super, il y a un parc pas loin avec une rivière eou il y a plein de grenouilles. On pourra faire du vélo l’été et du ski de fond l’hiver. J’avais très envie de t’écrire, j’avais très envie de prendre quelques instants pour te dire que j’ai très hâte de te serrer dans mes bras et d’entendre une autre fois ton hoquet qui me fait tant rire.

À bientôt petite Ève.

Papa