Mamie

Nous sommes revenus, la semaine dernière, d’un périple d’une dizaine de jours à l’abri des tracas du travail, à l’abri des comptes à payer, à l’abri des rapports d’impôts que je n’ai toujours pas commencés, à l’abri même d’Internet la plupart du temps! Une vraie pause, un vrai interlude.

Nous allions en France pour présenter la petite à toute la famille que j’ai en France. Eh oui, je suis un maudit français en plus d’être Canadien, du moins, j’ai tous les papiers qui vont avec. Direction l’Alsace, une province du nord-est de la France réputée pour ses vins blancs qui été charroyée entre la France et l’Allemagne plusieurs fois au fil des querelles entre les empereurs. Cela a eu pour effet de créer chez ses habitants en grand sentiment d’appartenance. Mon papi, né alors que l’Alsace était allemande au début du siècle, se disait avant tout Strasbourgeois, avant d’être Alsacien et surtout avant d’être Français.

Tout ça, je l’ai appris de Mamie, une de ces super femmes qui n’est simplement pas capable de s’arrêter. À 83 ans, elle pète le feu. Certes, monter des escaliers à pied n’est plus aussi facile qu’auparavant, mais lorsqu’on s’assoit à côté d’elle, on se sent écoutés et compris. On se sent couvés.

Elle nous raconte des histoires de la guerre qu’elle a vécue de très près. Elle nous parle du caractère du général de Gaulle, de Robert Schuman qu’elle a côtoyé lors de réceptions auxquelles elle assistait puisque Papi était président de la cour d’appel d’Alsace. Elle nous cuisine ses fameuses patates rissolées, sa ratatouille ou sa soupe au potiron. Elle envoie bouler les présentateurs télé qui manient mal la langue ou qui racontent des « âneries » comme elle dit. Elle sait également rire d’elle-même, surtout lorsqu’il est question de sa conduite automobile en marche arrière dans le stationnement étroit de son immeuble.

Mamie, je sais que tu liras ce billet dans un avenir plus ou moins rapproché. Je voulais te dire un immense merci pour ces moments passés ensemble. C’est impressionnant d’être aussi loin, mais de se sentir aussi proche en même temps. J’espère que la petite aura de nombreuses parcelles de toi.

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