Elle tombe, puis se relève

Les jours s’enchaînent depuis quelque temps et les pas aussi! Ça fait maintenant presque deux semaines que Marilou se lève debout sans s’appuyer sur rien et enchaîne des pas. Quand elle y arrive, vous devriez voir son visage s’illuminer. Si en plus elle arrive à terminer le trajet qu’elle s’était fixé au départ, elle arrête, puis tappe des mains pour s’applaudir.

Inévitablement, elle retombe et ce n’est jamais très gracieux. Elle se tortille pour se replacer dans la position qui lui permet de se lever et s’exécute à nouveau.

Ces temps-ci, je peux la regarder faire pendant de très longues minutes. Assis sur le canapé, je souris en regardant ma fille hésiter, vouloir, s’émerveiller, rater, réussir, trébucher, triompher, tomber puis se relever. C’est ça la vie, la sienne, la nôtre!

L’entrepreneuriat c’est comme des chips

Quand tu as cette fibre-là dans ta tête, celle de l’entrepreneuriat, tu es condamné à la gérer toute ta vie, je pense. Cette fibre, c’est comme un petit moteur qui tourne, qui fait un son. Pas désagréable, mais chronique. Le genre de son que tu entends très bien si tu y portes attention mais dont tu es capable de faire abstraction si tu es assez occupé à faire autre chose. Un peu comme les chips en fait. Quand tu en prends une, on dirait que tu ne peux pas en rester là. La tentation est trop forte.

Je vois des gars qui font le saut, comme Michael avec ses rasoirs ou Bruno avec ses cafés. C’est inspirant! Simplement. Je ne ferais pas ce qu’il font, car je n’ai pas leur passion. Mais je ferais bien autre chose. Pas pour faire plus d’argent, juste pour monter quelque chose de plus grand que moi.

Les gars qui ont fondé Lubie, l’agence web où je travaille, ont désormais une entreprise plus grande qu’eux. Ils ont créé l’onde initiale. Cette onde a pris de la puissance, de la vélocité et elle est devenue un mouvement. Je suis certain que des fois ils doivent se dire : « Ouin… check-ça l’gros. C’pas pire c’qu’on a monté hein! » C’est certain qu’ils sont fiers et avec raison. Puisque l’entrepreneuriat c’est comme des chips, et bien je mettrais ma main au feu que Lubie ne sera pas leur dernière création.

Moi, c’est la même chose. J’ai déjà fondé deux entreprises. La première que j’ai abandonnée quand je suis rentré à l’université et l’autre que j’ai quittée à regret à cause d’un trop gros écart de valeurs fondamentales avec mon associée de l’époque. Ces temps-ci, j’entends le petit moteur entrepreneurial un peu plus souvent dans ma tête, mais ce ne sera pas pour tout de suite. L’idée n’est pas mûre et le contexte ne s’y prête pas.

Allez, au boulot, histoire d’enterrer ce bruit encore pour quelque temps!

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Au fond du parking parking

Je venais de m’asseoir dans mon char, il devait être 21h. La caissière qui m’avait couru après pour me redonner ma carte de crédit que j’avais, encore une fois, oubliée dans la machine à cause de ces foutues nouvelles puces retournait à sa caisse tranquillement.

Dans le fond du parking, un papa. Un sac d’épicerie à la main et sa fille d’un an et demi environ à l’autre, ils marchaient tranquillement. On s’était croisé à deux reprises à l’intérieur du IGA. Le papa trimbalait sa fille dans un panier d’épicerie en forme de camion de pompiers. Lui, il avait la mine un peu basse, un t-shirt pas trop joyeux et des shorts un peu sales. Elle était insouciante, comme tous les enfants le sont à cet âge. Il avait sa journée dans le corps, ça paraissait, mais il accomplissait son devoir de père et il donnait l’impression de tenir le fort à bout de bras.

Il y avait du Pierre Lapointe à la radio. Je les voyais se faufiler et essayer tant bien que mal d’enjamber l’herbe haute pour piqué dans le champ. C’était probablement plus court par là.

Je les voyais, mais je restais immobile. Le motton dans la gorge. J’aurais eu envie de lui dire : « Hey, tu veux-tu un lift ? » ou « Hey, tu veux-tu mon épicerie ». Mais j’étais bien trop gêné de le faire. Alors, je ne l’ai pas fait, je n’ai rien dit. Je suis retourné à la maison ou ma copine m’attendais dans le salon devant la télé et la Coupe Rogers présentée par Banque Nationale et mes petites dans leur lit, endormies, paisiblement, chacune dans leur chambre au deuxième. En ouvrant la porte, ma copine me lance « Pis, t’as choisi quel chocolat finalement ? »

On a pas tous la même chance hein!

Lâche pas mec!

 

Papa, c’est qui ton papa à toi ?

[Ève] – Papa… toi t’es mon papa… toi t’es mon père!

[Moi] – Oui ma chouette, je suis ton père.

[Ève] – Papa… c’est qui ton père à toi ?

[Moi] – Mon père, tu le connais très bien Ève, c’est Papilou!

[Ève] – Oui mais c’est quiiii Papilou ?

[Moi] – Haha! Papilou… il s’appelle Sylvain et Sylvain, c’est mon papa. C’est en grande partie à cause de lui que je suis comme je suis.

[Moi] – Toi Ève, à quoi tu aimes jouer ?

[Ève] – Au hockey! Pis la piscine aussi! Sauter sur le lit pis faire des galipeeeettes.

[Moi] – Et avec qui tu fais tout ça ?

[Ève] – Avec papa-mamannn!!

[Moi] – Tu vois, quand j’étais petit, c’était la même chose pour moi. Moi aussi j’ai aimé ce que je faisais avec mon papa et ma maman. Avec Papilou, je faisais de la musique. À toutes les semaines, j’allais au cours de violon puis ensuite de piano avec lui. Maintenant, je joue de la guitare et du piano, pis j’ai même un jembe et un harmonica. Toi, tu aimes ça jouer de l’harmonica hein !?

[Ève] – Oui !! … Quoi d’autre ?

[Moi] – Ben mon papa, il me racontait les fois où il faisait de la montagne. Il allait souvent marcher dans les montagnes aux États-Unis. Alors moi aussi j’ai eu envie de monter beaucoup de montagnes. Avant, je partais aussi très souvent aux États-Unis pour monter des montagnes moi aussi. Même que je les montais l’hiver! Toi, tu aimes ça faire de la raquette l’hiver ?

[Ève] – Mouii !! … Encore d’autres histoires.

[Moi] – Avec mon papa, j’ai appris à patiner!

[Ève] – Moi aussi je veux patiner! Moi aussi! … Papa, je veux aller patiner… si te plaît, si te plaît, je veux aller patiner…

[Moi] – Haha! Ma chouette, on est au mois de juin, c’est l’été, on peut pas aller patiner. Mais cet hiver, c’est promis, on va apprendre à patiner ensemble ok !? On ne peut pas tout de suite.

[Ève] – Ohhhn. Encore d’autres histoires.

[Moi] – Mon papa, il pouvait parler de tout. Il savait presque tout. À part le ketchup, il aimait presque tout. Il lisait de très gros livres. Je l’écoutait parler et je me demandais comment il faisait pour se rappeler de tout. Moi, je ne sais pas tout comme lui, mais je m’intéresse à tout, comme lui. Moi tu sais, j’aime presque tout, j’aime même le ketchup! Toi aussi tu aimes ça le ketchup hein!

[Ève] – Ouiiiiiiii !!

[Moi] – Tu vois, mon papa, il m’a appris un tas de trucs. Il m’a fait découvrir des choses que j’aime et d’autres que j’aime pas. Il prenait du temps pour me raconter des histoires. Il m’a montrer à travailler fort. Quand j’étais petit, je savais que mon papa n’était pas le plus fort, mais je savais qu’il était vraiment le plus intelligent. Moi, je l’aime très fort mon papa. Toi, est-ce que tu l’aime très fort ton papa ?

[Ève] – Hrmm Oui, fort commmmme ça! (Ève étire les bras le plus qu’elle le peut)

[Moi] – Pis, est-ce que ton papa c’est le plus fort de tous les papas ?

[Ève] – Oui! Regarde, moi aussi je suis forte. Haaarrggnn… (Ève me montre ses biceps et force – de la face plus que des bras – à en trembler)

[Moi] – Ah que je t’aime toi!

Bonne fête des pères papa!