Je me rappelle encore, il y a de ça maintenant presque 1 mois et demi, les matins où ma petite Ève, encore dans le ventre de sa mère, me donnait des petits coups dans le dos comme pour me dire : « Lève-toi papa, il est l’heure d’aller travailler maintenant! » Je partais donc, cellulaire en poche au cas où elle se déciderait d’arriver, faire d’autres sites Web en ville.

Je revenais le soir après ma journée de travail, je regardais Julie prête à accoucher d’un instant à l’autre et je me demandais comment j’allais faire avec un bébé. Je travaillais régulièrement de 45 à 50 heures par semaine, je me tapais le trafic le matin et le soir pour aller travailler sur le plateau à Montréal et bientôt, et bien un bébé m’attendra et dépendra de moi, de ma bonne humeur de mon énergie et de ma patience – états d’esprit qui se perdent à la longue quand on travaille trop – pour bien se développer.

Il y a un peu plus de 6 semaines, Ève est née. Pendant trois semaines, fini le travail, fini le trafic, fini le plateau et ses interdictions de stationner à coucher dehors, fini les vélos rouillés et vérouillés depuis trop longtemps. Pendant trois semaines, j’allais aller à la rencontre de ma fille, j’allais la découvrir. Pendant trois semaines j’allais la prendre, j’allais essayer de la comprendre. J’allais apprendre à l’aimer.

Merci pour ces semaines de paternité

Je fais parti des chanceux papas qui ont le droit à 5 semaines de paternité lorsque leur bébé nait. C’est absolument extraordinaire. Ici, ce sont tous les travailleurs qui participent à ce régime provincial et j’en suis extrêmement reconnaissant. Je pense à mon frère qui était en période d’examen en pharmacie lorsqu’il a eu son petit. Imaginez, le petit est né dans la nuit du jeudi au vendredi, il avait un examen le vendredi, a dû aller travailler toute la fin de semaine à l’hôpital à faire des « cocktails de pilules » comme il dit, pour retourner sur les bancs d’école pour un examen le lundi matin. Il étudiait dans la chambre d’hôpital.

Je pense aussi aux suisses… qui pense aux Suisses dans la vie? – Moi :O) – Les suisses ont la réputation d’être très « carrés », de ne pas être très drôles et surtout de marcher sur le même droit chemin de décennie en décennie. Alors je disais que je pensais aux Suisses, aux papas suisses en particulier. Imaginez, lorsque leur bébé nait, ils n’ont qu’une seule journée! Une seule : celle de l’accouchement! Et ça, c’est s’ils sont mariés, car dans le cas contraire, non seulement ils n’ont pas droit à cette journée, mais en plus, ils doivent entamer des procédures d’adoption car leur paternité n’est pas reconnue d’office!

Aujourd’hui, ça fait maintenant quatre semaines que je suis retourné au travail. Je trouve ça difficile de la voir grandir à la maison alors que moi, je suis à faire autre chose ailleurs. Je trouve surtout difficile de laisser ma copine s’occuper d’elle à tous les jours, à toutes les nuits, bref : à toute heure du jour et de la nuit, car à cet âge-là, elle ne fait pas encore ses nuits. Je me trouve si chanceux d’être aussi bien entouré. Je réalise combien il est important de former une véritable équipe, je réalise combien il est important de se respecter dans nos façons respectives de prendre soin de notre petite fille, je réalise combien il est important de se laisser du temps pour respirer et ne pas s’oublier.

Merci à ces mamans

C ‘est la fête des mères ce dimanche. Des fois, je me dis que comme enfant, on est dur des fois avec nos parents, on les prend pour acquis – ce qui souvent est probablement le cas – on ne réalise pas combien de chaleur, de bonté, d’amour et de patience elles ont fait preuve pour nous faire grandir du mieux qu’elles le pouvaient. Après avoir vu ma copine aller, se démener, ne jamais perdre le sourire au fil des jours, j’ai très envie de lui dire merci, j’ai très envie de lui dire combien je suis fier d’elle. Je comprends maintenant un peu mieux pourquoi il est si important de fêter cette fête des mères.