Revenir à la base

twinkle

Avant j’étais le sportif, le joueur de volley. Je n’étais pas trop con, pas trop moche et plutôt effacé. Ce n’était pas très grave si je n’étais pas trop coloré, car j’aimais la couleur que j’avais: celle du sportif de haut niveau, gentil, sûr de lui et travaillant.

Maintenant, pic-pac dans l’rack à patates, c’est terminé tout ça… de retour au gars pas trop con, pas trop moche et plutôt effacé. La bonne nouvelle, c’est qu’avant de jouer au volley comme un défoncé, mes parents m’ont ouvert les yeux sur un tas d’autres trucs : plusieurs sports, la religion (eh oui, j’allais à la messe tous les dimanches), les voyages, la musique, etc. Bon, ils ont raté leur coup pour ce qui est des arts et de la culture, mais comme on dit : « You win some, you lose some ».

J’ai regardé les Olympiques comme tout le monde durant les dernières deux semaines. C’était mon rêve d’y aller. Pour la première fois par contre, je n’ai pas eu de pincement au coeur en regardant. Plutôt, je regardais ces athlètes qui prendront leur retraite bientôt et, maintenant que je viens d’en sortir, je sais ce qui les attend :

  • Perdre une partie de son identité (voire au complet)
  • Se sentir plate, parfois un peu éteint
  • Se dire « bon, j’fais-tu un come back ? »
  • Prendre du poids
  • Pogner les nerfs en faisant du sport « récréatif »

Les années après une carrière sportive ne sont pas faciles. Je ne pense pas trop me tromper en disant que ça prend probablement quelques années à faire une réelle transition.

Dans mon cas, mes filles ont été d’une grande aide, car c’est désormais à travers elles et leurs accomplissements que j’arrive à vivre des émotions qui ressemblent à celles que j’éprouvais après un exploit sportif ou un gros match. C’est risqué vous me direz, effectivement… comme ça l’est de faire de la compétition à un haut niveau.

Je renoue avec la musique aussi. Quand on joue, seul ou avec des gens, ça nous force à être dans le moment présent. J’ai ressorti mon piano pour le mettre dans le salon. Mes guitares sont installées sur des pieds à côté de la bibliothèque. Je recommence à imprimer des tablatures, j’ai de la corne qui recommence à apparaître sur le bout des doigts et j’écoute Ève jouer Twinkle Twinkle Little Star au piano en me disant qu’elle écrira peut-être un texte un peu comme celui-ci quand elle aura trente ans.

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