Tu seras un super grand frère

– Allo Guillaume ?
– Oui !?
– Ben… Thomas s’en vient, je crois que nous allons partir à l’hôpital dans pas trop longtemps.
– Hein!! Pour vrai! Ok, ben j’m’en viens.

Mon frère tiendra bientôt son deuxième enfant dans ses bras. Il s’appellera Simon. C’est simple, c’est efficace, ça s’écrit facilement, c’est doux, mais ça se crie bien aussi, c’est très important lorsqu’ils approchent leur deuxième année de vie à ce qu’on dit! Mon frère a horreur des prénoms trop recherchés, trop plateau, trop j’essais-d’être-original-même-si-je-ne-le-suis-pas-du-tout.

Ça tombe bien, le garage venait de m’appeler pour m’informer que mon auto était enfin prête… ils avaient dû faire venir la pièce de Toronto, un seal de crank (j’y connais tellement, mais tellement rien… et en plus, mon beau-père est mécanicien!)

Heureux, je me rends chez mon frère. Ils sont là, les deux, avec un grand sourire. Mon frère décide qu’il a le temps d’aller chercher Félix – qui ne comprend pas du tout qu’il sera bientôt grand frère (à un an et demi) – à la garderie. De retour à la maison, il est prudent avec moi, il sait qu’il m’a déjà vu, mais je suis sur son territoire et ça, ce n’est pas habituel!

Félix est comme ça, il observe, il scrute les détails de ses yeux bruns en amende. Il reconnaît les mots importants : « manger », « suce » et « ballon ». Il se promène partout dans l’appartement et teste les surfaces et les croches en marchant et en courant.

Félix agit déjà en grand frère. Un grand frère, ça ne trace pas la route pour son petit frère, mais ça s’assure que le chemin est un minimum défriché. Un grand frère, ça ne donne pas tous les trucs à son petit frère, mais à l’occasion, lui prodigue quelques conseils. Un grand frère, c’est plus prudent qu’un petit frère parce qu’avant lui, personne n’a validé qu’une porte pouvait être dangereuse, qu’un coin de table, ça fait mal et que peinturer le mur avec ses mains entraîne une sérieuse engueulade.

Ce soir, lorsque mon frère et sa copine sont partis à l’hôpital, je suis resté seul avec Ève et Félix. Les deux étaient malades. À 19h15, les deux n’avaient qu’une envie : aller se coucher. Ève pleurait le plus qu’elle pouvait pour être certaine que je comprenne son malheur de ne pas être dans mes bras alors que je faisais la « routine dodo » avec son cousin. Une fois en pyjama, Félix a joué tout tranquillement avec son casse-tête en bois pendant que je consolais Ève de sa crise existentielle. Félix montrait l’exemple, suce en bouche. Ève observait… et s’est conformée.

Félix, tu seras un super grand frère. Simon, qui est en train de se frayer son chemin dans notre monde, est chanceux d’en avoir un comme toi!

Parole d’un oncle, mais surtout d’un grand frère!

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